Le temps passe et mon téléphone affiche déjà 17h30, l’heure de trouver un stand avec une dégustation de liquoreux. Mon mauvais pressentiment se précise lorsque je me rends compte que la marque qui invite m’est inconnue. Malheureusement, comme c’est le seul stand que j’ai trouvé, ce qui est purement criminel car imposer une dégustation de whisky au café et de vodka à la vanille c’est une atteinte à la dignité humaine, je m’y colle quand même…
Dans le coin lounge je rencontre la crème du business fashion jap, baggy, talon, veste bape et lunette vintage. Et là j’ai la révélation… Hortefeux avait raison, nous ne pouvons pas laisser les étrangés venir s’inspirer de notre culture. C’est les exposer à de graves dangers et à une street culture aussi vrai qu’un Bboy faisant un Headspin devant Jean Paul II (RIP). Nous les pourrissons avant qu’ils aient eu le temps de mûrir.
19h approche, l’heure de passer aux choses sérieuses. Heureusement, la journée fut assez longue pour que l’on se fasse des relations dans la sécurité, ce qui est toujours utile pour rentrer aux teufs où l’on n’est pas invitée. Le vodka bar ouvre ses portes et les gens se laissent enfin aller. Le mec qui est là pour mettre l’ambiance se la donne à fond sur son piano, ce qui commence à faire frétiller les top-modèles accompagnées de commerciaux à l’allure chef du rayon Hifi chez Darty. S’ensuit l’entrée fracassante du coiffeur/danseur exotique, un cyber-trav-rétro qui renforce mes doutes… Sommes- nous tombés dans une de ces soirées freak décadente, genre rétro cabaret des années 20 ?
C’est à ce moment là que le Gérard Majax local, sûrement à la recherche d’un public open-minded, nous alpague et nous délecte avec un numéro just magic, et là je me dis, putain… on est dans l’épicentre du rêve américain, le vortex est atteint ! J’aperçois quelques gens cool comme Simone elle est bonne, ou encore cette meuf avec qui j’avais échangé des mails sur le forum du Parti Communiste.
Le cap des deux heures d’open bar est maintenant dépassé, et je sens que ça commence à déraper. Je me charge cependant d’aller ravitailler l’assemblée qui s’est élargie depuis que notre photographe se prend pour Yann Arthus Bertrand. Arrivé au bar, je me rends compte que les barmans ont craqué, et que les bouteilles ne se sont pas vidées que dans un sens. J’aperçois dans la réserve un pote qui a réussi l’infiltration, mais pas le temps de le rejoindre. Le barman haut gradé, à en juger par la chaîne en or qui dépasse de sa chemise ouverte laissant apercevoir un torse moumouteux, me tend une bouteille de vodka. Comme je sens que refuser déclencherait un acte d’affront envers lui, il est donc inutile de le blesser, je suis un gars bien et je m’exécute.
Entre temps, mes associés se sont fait des potes COOL, car en plus d’être marrants, ils font partie de l’organisation. Et c’est à ce moment là où il faut que tu fasses le choix qui déterminera ta fin de soirée, soit tu acceptes cette bouteille de champ’ que l’on te tends, et alors tu t’exposes au risque de déclencher une guerre civil dans ton ventre, soit tu refuses, et dans ce cas là tu sais que l’opinion des autre à ton sujet changera…
Voilà, j’ai définitivement perdu la notion du temps… Mais tant pis, car je fais la connaissance de deux jeunes demoiselles, qui semblent en vouloir dans la vie, et c’est bien parce que tu sais la société elle te fait pas de cadeaux… Leur marque c’est « Fuck la crise« , ça me fait marrer parce que j’étais déjà tombé sur leur plateforme de vente site et j’avais trouvé ça rigolo voir super revendicatif. Des graphismes épurés, originaux, un message profond, bref une manière efficace et intellectuelle de faire avancer les choses, tout en relançant l’économie. Par curiosité, j’ai donc creusé un peu plus et, après 2minutes une journée d’investigation, je découvre leur facebook et là, j’ai compris que c’était des gens qui en savaient long sur le bizness… Un groupe de 2000 personnes, des photos en compagnie de Nicos et Elie Semoun, bref fuck la crise toi-même tu sais ça pèse sur la balance.
Mais je sens soudain qu’il vaut mieux, pour ma santé mentale, que j’en reste là ce soir. Qui plus est la vodka « hype » ça fait mal au ventre et j’ai pas envie de tâcher le manteau en fourrure d’orignal que j’ai trouvé sur un portique, là bas.
Sur le chemin du retour, on croisera des mecs qui font de la tecktonik… RIP la street culture.
Le who’s next 2009 a donc tenu ses promesses de salon d’une mode qui se perd de jour en jour entre ses différentes branches, ses dérives, ses culs de sac et ses rapaces. J’ai l’impression qu’on a fait un bon en arrière pour revenir en 1980 lorsque les investisseurs japonais envahissaient le bronx pour s’emparer d’une culture qui n’appartient à personne. Maintenant l’heure est au buzz que l’on te fera, si tu passes sur le blog des coolcats, c’est cool, sinon va pointer à l’ANPE jeune gaillard.
2Sheep4Coke
Album Facebook
Photos par Streetsking.



























































février 5th, 2009 at 14:15
tres bon article!!
ca a l’air d’etre un endroit tre eclecktik effectivement. je me demande un peut si je suis sencé vous envié ou vou plaindre… mé de toute facon toute experience est bonne a prendre, et de plus un article tre bon a été pondu
février 7th, 2009 at 16:51
J’aime bien le derniere photo =)
février 11th, 2009 at 21:23
pas mal les gars… on s’y serait crû ! approche très personnelle, et il faut bien qu’il y en ait qui s’y collent! l’approche by night m’est beaucoup plus proche bizarrement… question d’investissement personnel peut-être
bises à vous tous!