» Paris, Magie des quais

Ecrit par E.J

Gare du nord, sa cadence mécanique infernale, son flot ininterrompu de voyageurs pressés par le temps et ses fantômes, êtres sans visages, invisibles, oubliés par la vie et le monde qui les entoure.
Il est 19 heures passées de quelques minutes, X étouffe, il supporte difficilement cette atmosphère lourde et pesante : toute une population de travailleurs fatigués s’etant extirpé péniblement des entrailles de la ville retrouve la gare de surface, ses hommes en bleu, ses panneaux d’affichages hors du temps et ses nombreux quais.

Ces quais justement, X les connaît bien. Il les arpente quotidiennement, au milieu de ces visages fermés, las d’attendre le dernier train de la journée et indifférents à cet environnement chargé de poésie auquel ils ont céssé de prêter attention il y a bien longtemps.
Chaque nouveau train qui entre en gare donne lieu chez lui à une excitation presque enfantine et l’espoir de voir surgir par surprise une nouvelle œuvre en mouvement, la sienne, celle des autres…
Une heure qu’il se traîne d’une extrémité à l’autre des quais à la manière d’une horloge bien réglée. La ville referme peu à peu ses yeux sur un coucher de soleil à peine étouffé par la structure métallique et carnassière de la gare lorsque un enième « petit gris », ces trains bruyants, portant les cicatrices rouillées de milliers de trajets, arrive au loin. Énième impression également que son flanc, délicatement caréssé par la lumière, est habité par d’étranges formes. Prenant le risque d’être une nouvelle fois déçu par le vagabondage de son esprit, il se jette dans les escaliers. Retour vers la surface voie 36 au milieu d’une foule dense et impatiente, le train en question ralentit paisiblement sa course infernale s’arrêtant presque devant lui. Entièrement recouvert d’une peinture de mauvaise qualité, probablement volée. Les portes s’ouvrent, laissant s’écouler un torrent ininterrompu de passagers avant qu’ X ne puisse profiter de ce qui s’offre à ses yeux : lettrage, fond, personnages et une phrase, de celles qui remuent et font réfléchir , un clin d’œil providentiel à ces milliers de pas, à cet arpentage de bitûme qui donne son véritable sens à sa passion dévorante. La carcasse métallique sans âme pour certains, habituellement profondément ignorée, fait à cet instant l’objet de toutes les attentions : mépris, dégoût, curiosité.. Peu importe le sentiment que le graffiti qui l’habite répand, elle est vivante ! s’animant fiévreusement au contact des voyageurs.

Entre jalousie et bonheur rétinien, notre routineur, encore sous le choc, prend nonchalamment le chemin de chez lui, ce soir c’est sûr : il ira peindre !

E.J

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» 2009, One year in a life…

Ecrit par 2Sheep4Coke

Savoir Ă  tout prix qui se cache derrière le masque…

Est-ce ce qui compte aujourd’hui ? Le paraĂ®tre est-il devenu primordial ?
Sommes-nous plutôt jugés par nos apparats que par nos véritables valeurs, nos opinions, ou bien même notre assiduité ?

En 2009, nous avons portĂ© nos couleurs, de Paris Ă  Barcelone, des bleds de province Ă  Londres, de Mayhem Ă  Amsterdam, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7…
GuidĂ©s par un seul et unique objectif, celui d’offrir une tribune aux acteurs d’une culture qui ne se cloisonne pas entre quatres murs, un mode de vie guidĂ© par la prise de risque, l’adrĂ©naline du moment.
CamouflĂ©s derrière cette cagoule de plastique nous Ă©tions aux premières loges, parfois acteurs, parfois spectateurs, observant d’un oeil affĂ»tĂ© la fourmilière de pantins. AmusĂ©s, des Ă©toiles pleins les yeux, entĂŞtĂ©s, appliquĂ©s et parfois déçus, une annĂ©e aux allures de courses de Nascar sans arrĂŞts aux stands, sans changement de pilote.

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» Barcelona, a day with… EL Kenor !

Ecrit par 2Sheep4Coke

A day with El Kenor y EL Pez – Barcelona 2009 from TV.Jekyllethyde.fr on Vimeo.
Par delà les Pyrénées et à quelques encablures seulement de Perpignan, un personnage unique en son genre perpétue depuis bientôt une vingtaine d’années l’esprit de Barcelone…
Avec son style atypique et une personnalité attachante, il fait partie, aux côtés de PEZ, des old school espagnols encore actifs. Et autant vous dire qu’il est impossible de passer par la capitale catalane sans avoir aperçu une de ses œuvres, qui recouvrent entièrement la ville, des rideaux de fer du Raval, aux terrains vagues de Poble Nou.

D’un naturel hyperactif et passionné, passer une journée avec lui équivaut à se shooter une dose gargantuesque d’adrénaline et de liberté… Sentiments qu’il partage avec nous des ruelles étroites du Gotico, à son atelier, en passant par les Ramblas, pour cette première de « A day with » où il nous parle de son parcours, sa peinture, sa ville et son combat…

Rencontre avec EL KENOR.

> Kenor

> PEZ

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» MontrĂ©al, Le retour du vinyle

Ecrit par Nina Choquette

Au dĂ©but des annĂ©es 80′, les spĂ©culations allaient bon train quant Ă  la mort certaine du disque vinyle dĂ©trĂ´nĂ© par ce tout nouveau support numĂ©rique au doux nom de compact disque, jugĂ© plus esthĂ©tique, plus moderne et surtout disposant d’un son plus clair que son prĂ©dĂ©cesseur.

Cependant, trente ans plus tard et en pleine crise du disque Ă  son tour mis sur la touche par les ventes de mp3, il est amusant de constater que le vinyle conserve toujours sa place au milieu de tous ces changements et encore mieux, que sa cote de popularitĂ© est en plein boom… Est-ce Ă  cause de la qualitĂ© du son, de sa chaleur plus naturelle que le CD, de l’objet en soit, ou bien encore de l’appel de mode dĂ» Ă  la « rockstarisation du DJ » que ceux-ci restent fidèles au microsillon ?

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» Paris, Exploration nocturne

Ecrit par E.J


Pour que l’Ă©vènement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu’on se mette Ă  le raconter.   Sartre

S’éloigner du quotidien linĂ©aire l’espace d’une nuit, dĂ©couvrir, explorer, s’approprier la magie du monde souterrain. Un monde dans lequel nous Ă©voluons passivement, contraints de subir, notamment, les agressions visuelles de la publicitĂ©. Un lieu dĂ©shumanisĂ© et mĂ©canique qui cache nĂ©anmoins une Ă©trange face invisible, hors du temps, imprĂ©gnĂ©e d’histoire. VoilĂ  ce qui les a traĂ®nĂ© sous terre : l’envie d’enjamber les interdits, les règles pour aller voir d’eux-mĂŞmes…

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